À propos de la propriété :
Surface : 87 Ha d’un seul tenant (dont environ 67 Ha en rouge et 11-13 Ha en blanc).
Géologie : Graves « günziennes » — un sol pauvre de graves alluvionnaires déposées sur un socle calcaire tertiaire, où l’argile se mêle aux cailloux de quartz et aux traces d’oxyde de fer.
Son histoire :
L’histoire de Smith Haut Lafitte remonte aux temps des croisades, comme en témoignent les fleurs de lys ornant le blason de la propriété. Fondé dès 1365 par la maison du Bosq, qui exploite alors le vignoble sous le nom de « Haut Lafitte » (Lafitte signifiant « butte » en ancien français), le domaine change véritablement de destin au XVIIIe siècle, lorsque le navigateur écossais George Smith s’y installe. Il adjoint son nom à la propriété et construit la chartreuse que l’on connaît aujourd’hui, tout en développant l’export du vin vers l’Angleterre.
Lui succèdent plusieurs figures marquantes de Bordeaux : M. Duffour-Dubergier, maire de la ville, en hérite en 1842, avant que Heinz Bömer ne devienne propriétaire au début du XXe siècle. Vient ensuite Louis Eschenauer, grande figure du négoce bordelais, qui contribue à asseoir la réputation du domaine.
Le tournant décisif survient en 1990 (certaines sources évoquent 1985), lorsque Daniel et Florence Cathiard, ce couple de Savoyards champions de ski reconvertis dans la grande distribution, tombent sous le charme de la propriété et en font l’acquisition. Sous leur impulsion, Smith Haut Lafitte connaît une véritable renaissance : restauration de la tour du XVIe siècle, rénovation de la chartreuse du XVIIIe siècle, réaménagement de deux chais souterrains, retour au travail traditionnel du sol, suppression des désherbants et intégration de leur propre tonnellerie. Cette quête de qualité totale, portée par une démarche de bio-précision alliant innovation et respect du terroir, vaut aujourd’hui à Smith Haut Lafitte sa réputation de « plus Graves des Graves » — une référence incontournable de l’appellation Pessac-Léognan, classée Grand Cru en rouge depuis 1959.